JAURÈS (C.). - Lot 241

Lot 241
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500 - 600 EUR
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JAURÈS (C.). - Lot 241
JAURÈS (C.). Amiral français en mission en Extrême-Orient sous le Second Empire. L.A.S. « C. Jaurès », Yokko-hama [sic pour Yokohama], 4 août 1863. 5 pp. in-4 sur papier vergé. Belle écriture très lisible. Quelques rousseurs et traces de plis. Importante lettre rédigée du Japon quelques semaines avant l'expédition franco-anglo-néerlandaise de Shimonoseki, dans laquelle l'officier décrit avec un rare mélange de curiosité ethnographique, de considérations politiques et de récit militaire les événements qui agitent alors l'Extrême-Orient. Jaurès évoque d'abord son émerveillement devant le Japon, qu'il considère comme « le plus beau pays du monde », tout en décrivant avec vivacité les mœurs locales et les bains publics japonais : « Il y aurait des volumes à écrire sur cette civilisation de l'extrême Orient (…) en vous promenant dans une rue japonaise, vous apercevriez un essaim de jeunes filles toutes nues se précipiter dans la rue pour vous voir passer… » Il mentionne également le goût japonais pour les objets d'art et les laques : « Le Japon est aussi le pays des bibelots ; on trouve des laques admirables… » La lettre prend ensuite un tour politique et financier lorsqu'il met en garde son correspondant contre « l'affaire de Madagascar », qu'il juge désastreuse : « Il y perdra de l'argent, et cela lui donnera dans la suite beaucoup d'ennuis… » L'intérêt historique du document réside surtout dans le long passage consacré aux opérations militaires françaises au Japon après les tirs d'un daimyo contre un navire français : « Après avoir pacifié la Cochinchine, il m'a fallu accourir au Japon (…) un Damio (…) a osé tirer sur le King-chang aviso français. » Jaurès relate alors avec précision l'expédition punitive menée à Simonosaki [Shimonoseki] : « J'ai donné à ce Damio une leçon dont il se souviendra. Après avoir détruit ses batteries j'ai débarqué 250 hommes (…) ils ont détruit la batterie, brûlé deux villages militaires, le palais du Damio, fait sauter trois poudrières et tué 150 Japonais. » Il conclut en regrettant que certains officiers restent éloignés du commandement actif : « En marine il ne faut jamais s'arrêter (…) je pense bien qu'il n'y a pas en lui l'étoffe d'un amiral. » Très remarquable témoignage sur la présence militaire française au Japon en 1863, au moment des tensions qui conduisirent aux bombardements de Shimonoseki et à l'ouverture forcée du Japon aux puissances occidentales. La lettre mêle observations personnelles, considérations coloniales et récit direct d'une opération militaire menée par les forces françaises en Extrême-Orient.
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