FINI (Leonor) (1908-1996). - Lot 163

Lot n° 163
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150 - 250 EUR
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FINI (Leonor) (1908-1996). - Lot 163
FINI (Leonor) (1908-1996). Artiste peintre, lithographe, décoratrice de théâtre et écrivaine française d'origine italienne. Figure singulière du surréalisme, Leonor Fini développe un univers artistique peuplé de sphinges, de chats et de figures féminines mystérieuses. Elle entretient toute sa vie un rapport passionné avec les animaux, particulièrement les chats, omniprésents dans son quotidien comme dans son œuvre.Lettre autographe signée « Votre Leonor » à Pierre Besse. S.l.n.d. [Nonza, Corse, juillet 1965]. 3 pages in-folio, à l'encre verte. Enveloppe autographe conservée, affranchie de trois timbres à 30 centimes, avec cachets postaux de Nonza du 15 juillet 1965. Très belle lettre personnelle dans laquelle Leonor Fini évoque avec une grande intensité son attachement aux chats, son profond désarroi après un départ et ses inquiétudes pour la santé de son correspondant. L'artiste commence par remercier Pierre Besse de ses lettres, puis lui confie son état d'esprit particulièrement sombre : « Dans une dernière je n'ai parlé que des chats - j'en suis obsédée - les Venemain partis hier je me suis laissée aller à une prostration - tristesse - désespoir [...] pessimisme affreux. » Elle explique que l'orage et le mistral violent accentuent son malaise et qu'elle n'a plus envie de peindre. Elle s'inquiète particulièrement du comportement d'un chat qu'elle soupçonne de menacer les plus jeunes : « Je crains qu'il fasse l'extermination dans la chambre de 3 petits car il veut monter aussi Mitzi - Et encore je parle des chats ! » Cette inquiétude révèle l'attachement presque obsessionnel de Leonor Fini à ses animaux, dont elle surveille les moindres comportements. Elle s'adresse ensuite à Pierre Besse avec une franchise affectueuse, lui reprochant de ne pas prendre suffisamment soin de lui : « Je voulais vous demander pardon de m'être pas intéressée aux nouvelles de votre santé - de ne vous avoir pas grondé comme vous ne vous soignez pas [...] je sais que vous ne m'écouterez pas - ni personne d'autre. » Elle lui conseille de se reposer et de prendre des vacances, avant d'évoquer les nouvelles de son entourage. Elle raconte notamment la transformation physique de Margherita, qui a perdu quatre kilos en treize jours, et l'arrivée prochaine d'Enrico. Elle termine en exprimant sa reconnaissance envers deux de ses proches, dont le peintre Stanislao Lepri : « Kot - Stanislao sont des anges pour moi - hier ils étaient terrorisés par ma tristesse entêtée. » Dans un post-scriptum, elle évoque encore des questions d'aménagement domestique et demande à Pierre Besse d'aider sa mère à faire installer des grillages, vraisemblablement destinés à protéger ses chats. Cette correspondance constitue un témoignage particulièrement vivant sur la personnalité de Leonor Fini, son entourage intime et son rapport passionnel aux animaux. Loin d'une lettre de simple courtoisie, elle dévoile ses inquiétudes, ses accès de mélancolie et la place essentielle qu'occupent ses chats dans son existence et son équilibre affectif. La mention de Stanislao Lepri, peintre et compagnon de l'artiste, ainsi que de Konstanty Jeleński, dit Kot, renforce son intérêt biographique. État : Bon état général. Plis anciens, quelques froissements et légères traces de manipulation. Enveloppe conservée avec timbres et cachets postaux.
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