FINI (Eleonor, dite Leonor) (1908-1996). - Lot 156

Lot n° 156
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250 - 400 EUR
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FINI (Eleonor, dite Leonor) (1908-1996). - Lot 156
FINI (Eleonor, dite Leonor) (1908-1996). Artiste peintre surréaliste, lithographe, décoratrice de théâtre et écrivaine française d'origine italienne. Figure majeure du surréalisme, Leonor Fini développe un univers singulier où se mêlent onirisme, érotisme, métamorphoses et figures féminines énigmatiques. Son œuvre explore notamment les rapports entre le désir, la féminité et l'inconscient.Lettre autographe signée « Leonor » à Pierre Besse. Nonza (Corse), 5 août 1960. 5 pages in-folio, à l'encre rouge, avec quelques annotations d'une autre encre. Enveloppe autographe conservée, affranchie et oblitérée à Nonza le 6 août 1960. Déchirures et manques à l'enveloppe, plis et froissements aux feuillets. Remarquable lettre intime dans laquelle Leonor Fini se livre à une longue interprétation psychanalytique d'un rêve de son correspondant, abordant avec une franchise saisissante la sexualité, l'impuissance, la féminité et le sentiment de culpabilité. L'artiste commence par conseiller à Pierre Besse de prendre des vacances, lui suggérant notamment de séjourner dans les montagnes corses, autour de Vizzavona, avant de la rejoindre à Nonza. Elle évoque également les cadeaux d'un certain Bob, les nouvelles de son entourage et une soirée passée avec des cinéastes venus lui rendre visite. Elle mentionne son compagnon Konstanty Jeleński, dit Kot, qui se réjouit de retrouver son correspondant, puis entreprend une analyse particulièrement personnelle de son rêve : « Votre rêve est plus que clair - il est fulgurant à part les souvenirs diurnes que vous avez reconnu vous-même, et qui sont toujours les moyens pour la représentation [...] du subconscient. » Elle livre alors une interprétation ouvertement sexuelle des images oniriques : « La profusion de foutre c'est votre obsession (mêlé de crainte d'impuissance) et le reste c'est la perpétuelle culpabilité de cela. » Elle poursuit en évoquant la figure de Simone : « La "Simone morte" c'est la féminité pour vous définitivement morte (d'où angoisse dans le rêve et culpabilité). » Leonor Fini insiste sur la dimension profondément individuelle de l'expérience onirique et se défend de toute interprétation universelle : « La clef de songes c'est amusant mais veut dire très peu - comment voulez vous que ce soit juste une chose généralisée ? Je peux interpréter ce rêve parce que je vous connais et chaque rêve est différemment rêvé par des différentes personnes. » Cette lettre constitue un témoignage particulièrement révélateur de l'intérêt de Leonor Fini pour l'inconscient, le rêve et les mécanismes du désir, thèmes fondamentaux de son univers pictural. Son analyse, à la fois spontanée, incisive et personnelle, illustre la liberté intellectuelle et sexuelle qui caractérise sa personnalité. La présence de Konstanty Jeleński, écrivain et critique d'art, compagnon de longue date de Leonor Fini, ainsi que les allusions à son cercle artistique et cinématographique, renforcent encore l'intérêt biographique de cette correspondance. Très intéressante lettre par sa longueur, sa liberté de ton et son contenu psychanalytique, en relation directe avec les préoccupations esthétiques et intellectuelles de l'artiste.
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