MILLE (Pierre) (1864-1941). - Lot 234

Lot 234
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MILLE (Pierre) (1864-1941). - Lot 234
MILLE (Pierre) (1864-1941). Importante lettre autographe signée. Paris, 10 septembre 1936. Importante lettre autographe signée, 16 pages in-4 (8 feuillets doubles numérotés), datée 10 septembre 1936, adressée à un ami. Longue lettre entièrement consacrée à une analyse du roman La Famille Pérouse, que Pierre Mille transforme en une véritable étude sur l'évolution de la maison bourgeoise, de l'architecture intérieure et des arts décoratifs français du XVIIIᵉ siècle à l'époque contemporaine. Après avoir présenté ses excuses pour le retard apporté à sa lecture, il écrit : « J'ai enfin lu La Famille Pérouse… » Il souligne aussitôt l'originalité de l'ouvrage, dont l'ironie est constamment soutenue par une observation d'une remarquable exactitude : « On ne saurait faire autant d'ironie à autant d'exactitude dans l'observation. » Cette lecture devient le point de départ d'une ample réflexion sur la salle à manger, considérée comme le cœur de la vie familiale et le miroir de l'évolution sociale. Pierre Mille étudie successivement son architecture, son ameublement, son éclairage, ses proportions, son décor, la disposition des fenêtres, des buffets, des vitrines, des tables, des sièges, de la vaisselle et même la couleur des murs. Il montre comment les transformations de la demeure traduisent les mutations profondes de la bourgeoisie française : « Quand le foin manque au râtelier, les chevaux se battent. » et développe une réflexion pénétrante sur la disparition des grandes fortunes, les nouvelles formes de la vie familiale et les changements des mentalités. L'auteur consacre plusieurs pages à l'influence de l'électricité, de l'éclairage moderne et des arts décoratifs sur l'habitat contemporain, opposant les grandes salles de réception du XVIIIᵉ siècle aux salles à manger quotidiennes de l'époque moderne. Il s'attarde également sur les effets psychologiques de la lumière, des couleurs, des matières, de l'organisation de l'espace et du mobilier. Ses observations s'étendent à la décoration murale, aux peintures, aux porcelaines, aux verreries, aux tapis, aux buffets, aux objets d'art, à la disposition des œuvres dans les intérieurs et au rôle du confort dans la vie domestique. La lettre s'achève sur une réflexion générale où l'auteur affirme que les objets d'une maison révèlent davantage une civilisation que les discours eux-mêmes. Écrivain, journaliste, grand reporter et critique littéraire, Pierre Mille livre ici un texte qui dépasse largement la simple correspondance privée. Cette longue lettre constitue un véritable essai inédit sur l'histoire de l'habitat bourgeois et des arts décoratifs français, rédigé à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Par la richesse de ses observations, la finesse de son analyse et la culture artistique qu'elle révèle, elle offre un témoignage exceptionnel sur la manière dont un écrivain de premier plan percevait les rapports entre littérature, architecture intérieure et civilisation. Très importante lettre autographe, d'un réel intérêt pour l'histoire des arts décoratifs, de l'architecture intérieure, de la sociologie de l'habitat et de la critique littéraire française de l'entre-deux-guerres.
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