LOUIS XV. - LETTRE DE RÉMISSION. - Lot 204

Lot 204
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LOUIS XV. - LETTRE DE RÉMISSION. - Lot 204
LOUIS XV. - LETTRE DE RÉMISSION. Lettres de grâce, rémission et pardon accordées à René Rouillon, laboureur normand, à la suite d'un homicide involontaire survenu lors d'une partie de chasse. Versailles, [vers 1730-1750]. Grand placard manuscrit sur parchemin (env. 72 × 58 cm), rédigé sur peau de vélin, avec grande suscription royale « Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre », signé « Par le Roy en son Conseil », avec visa, apostilles administratives et lacs de soie polychromes conservés. Très belle lettre de rémission délivrée au nom de Louis XV, remarquable témoignage de la justice de l'Ancien Régime, exposant avec une grande précision les circonstances d'un homicide accidentel. La supplique est présentée par René Rouillon, laboureur demeurant à Bois-Tonneau (Normandie), lequel expose qu'au cours d'une journée de chasse en compagnie de plusieurs voisins, il aperçut un oiseau posé derrière une haie. Après s'être baissé pour tirer avec son fusil, il atteignit malheureusement son compagnon Claude Rouillon, demeuré hors de sa vue, qui succomba presque immédiatement à sa blessure. Le récit insiste sur le caractère purement fortuit du drame, sur l'absence de toute intention criminelle et sur la réputation honorable du suppliant. Après enquête des officiers royaux et information judiciaire, le document rappelle que le bénéficiaire, craignant les rigueurs de la justice, s'était absenté avant de solliciter la clémence du souverain. Le roi, « de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale », lui accorde rémission pleine et entière, le relevant de toute poursuite criminelle, civile ou personnelle pouvant résulter de cet homicide, sous réserve des intérêts des parties civiles conformément au droit coutumier. Ces longues lettres de rémission constituent l'une des sources les plus vivantes de la justice sous l'Ancien Régime. Véritables récits judiciaires, elles offrent une description extrêmement détaillée des faits, des usages de la chasse, des rapports de voisinage et du fonctionnement de la procédure pénale avant la Révolution. Elles étaient rédigées après une instruction approfondie et devaient ensuite être entérinées par les juridictions compétentes. Le document est revêtu de la formule « Par le Roy en son Conseil », signé par un secrétaire du Conseil, avec plusieurs visas, mentions d'enregistrement et apostilles d'époque. Les lacs de soie d'origine, destinés à recevoir le grand sceau aujourd'hui disparu, sont toujours en place. Bel état de conservation malgré les plis d'usage inhérents à ce type d'acte. Quelques restaurations et petites pertes marginales sans atteinte au texte, légère usure des plis. Écriture très régulière et parfaitement lisible. Très rare document de justice royale, particulièrement séduisant tant par son ample développement narratif que par son importante dimension historique et humaine, illustrant l'exercice de la grâce souveraine sous le règne de Louis XV.
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