DAUGIER (François Henri Eugène d'Augier). - Lot 242

Lot 242
Aller au lot
Estimation :
150 - 200 EUR
Enchérir sur drouot.com
DAUGIER (François Henri Eugène d'Augier). - Lot 242
DAUGIER (François Henri Eugène d'Augier). Né à Courthézon, 1764-1834. Contre-amiral. Préfet maritime de Lorient. Député du Finistère et du Morbihan. Grand-officier de la Légion d'honneur. Grand-Croix de Saint-Louis. Pièce signée « Daugier ». En vue de Ceuta, à bord du vaisseau Le Batave, 20 messidor an VII [8 juillet 1799]. 4 pp. 3/4 in-folio sur papier vergé. Quelques mouillures, petits manques marginaux et usures aux plis, sans atteinte notable au texte. Important rapport naval autographe relatant avec une remarquable précision un combat livré par le vaisseau Le Batave contre un corsaire algérien au large des côtes d'Afrique du Nord. Daugier décrit minutieusement l'apparition d'un brick suspect aperçu à l'avant de l'escadre : « Au jour j'ai aperçu sur l'avant un brick qui m'a paru ne point faire partie de l'armée, ni de celle d'Espagne… » Soupçonnant un navire ennemi, il force de voiles afin de le rejoindre et engage progressivement le combat après avoir constaté les manœuvres irrégulières du bâtiment : « Dans cette persuasion (…) je me suis pressé de faire feu… » Le récit, extrêmement vivant, détaille l'approche du Batave, les échanges d'artillerie, les signaux envoyés aux autres bâtiments français ainsi que les tentatives de reddition imposées aux Algériens. Daugier évoque notamment l'arrivée d'un canot parlementaire venu du brick ennemi : « Ils ont répondu sans hésiter qu'ils étoient Algériens (…) leur bâtiment portoit 22 canons… » Malgré plusieurs sommations, les corsaires refusent obstinément de se rendre : « Leurs compatriotes se feroient couler et ne se rendroient point… » Le contre-amiral insiste sur la violence exceptionnelle de l'engagement, soulignant la résistance du bâtiment algérien malgré une canonnade soutenue de plusieurs vaisseaux français : « Le bâtiment Algérien a essuyé au moins douze-cent coups de canon… » Le texte constitue un remarquable témoignage sur les opérations navales françaises en Méditerranée à la fin du Directoire, au moment où la marine française lutte encore activement contre les corsaires barbaresques. Le récit se distingue par son abondance de détails tactiques : signaux de pavillon, évolution du vent, manœuvres d'approche, discipline des équipages et effets de l'artillerie. Belle pièce de marine révolutionnaire, d'une grande intensité narrative, offrant un rare aperçu direct de la guerre maritime française face aux bâtiments algériens à la fin du XVIIIe siècle.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue