PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 153

Lot 153
Aller au lot
Estimation :
80 - 100 EUR
Enchérir sur drouot.com
PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 153
PERRAUD (Adolphe Louis Albert) Lyon, 7 février 1828 - Autun, 10 février 1906. Oratorien, futur cardinal, évêque d'Autun, historien religieux et membre de l'Académie française. Très importante L.A.S. "Adolphe Perraud", Grenoble (Grand Séminaire), 15 mars 1863 ; 4 pages in-8 sur papier gaufré de l'Oratoire. Passionnante lettre doctrinale et politique adressée à un correspondant intellectuel au sujet d'un article refusé par la Revue Contemporaine, des débats religieux autour de l'Angleterre et surtout de la question polonaise, alors au cœur des préoccupations européennes de 1863. Perraud écrit depuis Grenoble, où il séjourne pour la station du Carême : « je prêche trois fois par semaine ». Il revient longuement sur les critiques opposées à un article de son correspondant. Selon lui, les objections de la Revue Contemporaine sont excessives, d'autant que la Revue de l'Instruction publique avait publié peu auparavant un « éloge absolu » de son propre ouvrage. Perraud défend alors avec vigueur l'esprit de modération et d'impartialité du texte : « Votre article a dû évidemment garder vis-à-vis de l'Angleterre un ton de modération et d'impartialité ». Il ajoute cette formule remarquable : « le seul reproche qu'on lui ait encore adressé jusqu'à présent est d'avoir peut-être poussé cette modération jusqu'à l'excès ». L'intérêt historique du document devient considérable lorsque Perraud aborde l'insurrection polonaise de 1863 et l'émotion qu'elle suscite dans les milieux catholiques français. Il écrit : « nos cœurs, nos pensées, nos prières et nos espérances sont en ce moment sur les champs de bataille de la Pologne ». Très beau témoignage de l'élan philopolonais qui traverse alors une partie du clergé et des intellectuels français sous le Second Empire. Perraud évoque ensuite son récent voyage à proximité du théâtre des opérations : « j'ai vu, et j'ai touché l'âme de ce grand peuple ». Il décrit les Polonais comme : « invincible aux persécutions et aux souffrances ». Passage particulièrement intéressant sur les débats politiques français autour du droit des nationalités : « le Sénat délibérera sur cette pétition en faveur de la Pologne ». La lettre mentionne encore plusieurs figures du monde intellectuel et éditorial du temps : Victor Duruy, Gustave Rouland, la Revue de Lyon, ainsi qu'un certain Faugeron, annoncé comme prochainement marié. Très beau document mêlant catholicisme libéral, débats éditoriaux et engagement moral en faveur de la cause polonaise au moment de l'insurrection de 1863. Signature autographe : « Adolphe Perraud ». Bel état général ; quelques traces de plis et légères rousseurs marginales.
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue