PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 152

Lot 152
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PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 152
PERRAUD (Adolphe Louis Albert) Lyon, 7 février 1828 - Autun, 10 février 1906. Oratorien, futur cardinal, historien religieux et évêque d'Autun. Importante L.A.S. "Adolphe Perraud", Paris, 22 juin 1860 ; 4 pages in-8 sur papier gaufré de l'Oratoire de l'Immaculée Conception. Très belle lettre philosophique et religieuse adressée à un proche correspondant intellectuel, dans laquelle Perraud développe de longues considérations sur saint Augustin, saint Thomas d'Aquin, la philosophie spiritualiste et les débats doctrinaux de son temps, avant d'évoquer la situation politique italienne et les tensions nationales européennes. Perraud remercie d'abord son correspondant de l'envoi d'un travail consacré à M. Saisset, qu'il juge : « fort intéressant et fort bien écrit ». Il dresse alors un portrait nuancé du philosophe Émile Saisset, ancien maître à l'École normale, dont il admire : « la finesse de son esprit, la netteté de sa critique », tout en lui reprochant parfois « l'indécision et l'inconsistance de son credo philosophique ». La lettre devient particulièrement importante lorsque Perraud aborde la question de saint Augustin et de saint Thomas, révélatrice des débats intellectuels du catholicisme français sous le Second Empire. Il écrit notamment : « J'aurais bien à vous demander où M. Saisset a trouvé dans S. Augustin et dans S. Thomas l'éternité de la création ». Il développe ensuite une remarquable réflexion doctrinale : « Je tiens S. Thomas pour un des plus fermes et des plus complets génies philosophiques ». Perraud oppose alors la philosophie spiritualiste moderne à la tradition chrétienne antique : « S. Augustin avait incorporé au christianisme la philosophie spiritualiste, laquelle selon moi était la philosophie de S. Paul et de l'Évangile ». Passage d'un très grand intérêt pour l'histoire de la réception de saint Augustin et du thomisme au XIXe siècle. La dernière partie de la lettre prend une dimension politique contemporaine. Perraud évoque avec inquiétude les événements italiens et la question de l'unité nationale : « Voilà donc cette terrible guerre fratricide commencée ! » Allusion directe au contexte des guerres d'unification italienne et aux bouleversements européens de 1859-1860. Il critique les logiques fédératives et nationalistes qui risquent selon lui de conduire à la ruine morale et politique des peuples : « On a le tort grave de confondre le principe des nationalités avec la justice évangélique ». Très beau témoignage de la pensée catholique libérale française sous le Second Empire, mêlant philosophie, théologie augustinienne et préoccupations géopolitiques contemporaines. Signature complète : « Adolphe Perraud ». Très bel état général malgré quelques rousseurs marginales ; beau papier gaufré de l'Oratoire.
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