PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 134

Lot 134
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PERRAUD (Adolphe Louis Albert) - Lot 134
PERRAUD (Adolphe Louis Albert) Lyon, 7 février 1828 - Autun, 10 février 1906. Oratorien, évêque d'Autun, cardinal et historien ecclésiastique. Longue et importante L.A.S. « † Adolphe, évêque d'Autun », Autun, 18 mars 1875 ; 10 pages in-8 sur papier gaufré à ses armes. Très intéressante lettre doctrinale et pastorale adressée à un correspondant en proie à des difficultés religieuses et intellectuelles, portant principalement sur la tolérance religieuse, l'exégèse des Évangiles, le mariage civil et les rapports entre l'Église et l'État dans la société moderne. Perraud recommande d'abord à son correspondant la lecture des Entretiens sur l'Église catholique de l'abbé Pereyve, ouvrage auquel il attribue « une réponse satisfaisante » aux questions relatives à la tolérance et à la liberté de conscience. Il aborde ensuite les difficultés soulevées par certains passages évangéliques et met en garde contre les excès de l'exégèse rationaliste allemande : « le système d'exégèse serait des plus dangereux » ; il critique une méthode qui tendrait à « enlever tout caractère surnaturel aux récits de l'Évangile ». Le prélat insiste sur la supériorité morale et doctrinale du christianisme : « l'explication chrétienne et surnaturelle de l'Évangile, de Jésus-Christ, de l'Église […] est la plus plausible ». Long développement sur le mariage chrétien et la distinction entre le contrat civil et le sacrement. Perraud affirme avec vigueur la doctrine catholique traditionnelle : « Jésus-Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement » ; et condamne explicitement le mariage purement civil, qu'il qualifie de « concubinage légal ». Très intéressante réflexion également sur les compétences respectives de l'Église et de l'État : l'État peut régler les conséquences civiles du mariage, mais ne saurait s'arroger le droit de modifier l'institution sacramentelle : « la prétention de l'État d'imposer sa théorie est et doit être repoussée ». La lettre se clôt sur une exhortation spirituelle adressée à son correspondant, qu'il invite à dépasser les difficultés théoriques pour parvenir à « cette plénitude de vie chrétienne ». Très bel ensemble, d'une grande densité doctrinale, particulièrement représentatif des débats religieux et politiques du catholicisme français sous les débuts de la Troisième République. Très bel état de conservation.
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