BLONDEL (Maurice) - Lot 8

Lot 8
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BLONDEL (Maurice) - Lot 8
BLONDEL (Maurice) Maurice Blondel Très important ensemble de correspondance adressée à Frédéric Lefèvre, directeur des Nouvelles Littéraires. Aix-en-Provence, Auriol, Magny-la-Ville, Saint-Leu-sur-Vingeanne, 1927-1930. Ensemble de 7 lettres autographes signées, avec plusieurs enveloppes conservées, totalisant environ 26 pages autographes in-8. Exceptionnel ensemble de correspondance philosophique et littéraire de Maurice Blondel adressée à Frédéric Lefèvre, autour des célèbres « Entretiens » et « Matinées » publiés dans les Nouvelles Littéraires, des débats intellectuels catholiques de l'entre-deux-guerres, des controverses philosophiques et de la réception de son œuvre. Les lettres de 1927 concernent directement la préparation des entretiens avec Lefèvre. Blondel remercie son correspondant de ses « questions stimulantes » et avoue craindre de ne pouvoir répondre pleinement sans développer « au moins 1200 pages ». Il évoque avec humour la « note en 10 points » présentée par Lefèvre à acquitter et s'interroge sur l'opportunité de paraître dans cette « galerie lumineuse et sonore ». La lettre du 8 juillet 1929 est particulièrement importante. Blondel y revient longuement sur l'échec de la candidature de Lefèvre à un prix littéraire, évoquant les soutiens de Henri Brémond et de Bergson, ainsi que les oppositions rencontrées au sein des milieux académiques et religieux. Il analyse avec finesse le rôle joué par les « Matinées » dans cette réception ambiguë, écrivant notamment : « les jeunes auteurs, les initiateurs variés qui vous entourent sont plus intéressants que maints Immortels ». La lettre supplémentaire du 14 décembre 1928 apporte un éclairage très intéressant sur la réception critique de l'œuvre de Lefèvre et sur les querelles intellectuelles contemporaines. Blondel y évoque un article de Régis Jolivet dans la Revue apologétique, ainsi que les attaques du Père Webert contre la « théorie des genres ». Il défend vigoureusement Lefèvre contre certaines polémiques doctrinales et souligne l'influence grandissante des Nouvelles Littéraires, « beaucoup plus compétentes et influentes que la Revue des jeunes ». Les lettres de 1928 et 1930 développent également des thèmes plus personnels : fatigue physique, affaiblissement progressif de la vue, travail dicté, difficultés de santé, séjours en Bourgogne et en Provence, satisfaction de voir les « Matinées du Hêtre rouge » rencontrer un public fidèle, projets éditoriaux, réseaux universitaires français et roumains, débats philosophiques et articles destinés à la presse littéraire. Plusieurs enveloppes autographes conservées, adressées à Frédéric Lefèvre au 98 rue Caulaincourt à Paris, certaines avec cachets postaux bien lisibles, renforcent l'intérêt documentaire de l'ensemble. Très rare et précieux témoignage sur les réseaux intellectuels catholiques et littéraires français de l'entre-deux-guerres, ainsi que sur la personnalité de Maurice Blondel, partagé entre réflexion philosophique, vie universitaire et réception médiatique de son œuvre.
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