François TAVERNIER (Paris, 1659 – id., 1725) - Lot 51

Lot 51
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Estimation :
3000 - 5000 EUR
François TAVERNIER (Paris, 1659 – id., 1725) - Lot 51
François TAVERNIER (Paris, 1659 – id., 1725) Le Repentir de saint Pierre, c.1698-1699 Huile sur toile. H_91 cm L_71 cm Restaurations. Historique : vraisemblablement l’un des deux « petits du May » présentés aux orfèvres Jean-André Picart et Henri Cain en 1698-1699. OEuvres en rapport : l’estampe de Nicolas-Henri Tardieu (H. 0,12 ; L. 0,08) imprimée en 1736 (voir ci-dessous). Le tableau que nous présentons (fig. 1) a ceci d’exceptionnel de procéder de François Tavernier, peintre-académicien dont l’oeuvre a presque intégralement disparu. Qui plus est, il prépare le célèbre May annuel commandé par la corporation des orfèvres pour la cathédrale Notre-Dame de Paris. Grâce à la biographie qui a été rédigée sur Tavernier au lendemain de sa mort, il est possible de reconstituer certains aspects de sa vie (Louis Dussieux et al., Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et sculpture, Paris, 1854, 2 vol., t. 2, p. 236-237). Nous apprenons que l’artiste était fils d’un menuisier du roi fortuné, ce qui favorisa son instruction littéraire et artistique. Un voyage en Italie, accompli par Tavernier vers 1679, décida de son orientation artistique. À son retour à Paris, il devint ainsi élève de Jean Jouvenet (1644-1717). Reçu peintre d’histoire à l’Académie royale en 1704 sur présentation de L’Enlèvement de Déjanire (perdu), il participe au Salon qui ouvre la même année en exposant trois sujets d’histoire : La Naissance de Romulus, L’Enlèvement de Déjanire et Neptune sur les eaux (tous perdus). Par la suite, Tavernier sera nommé historiographe de l’Académie royale en 1714 (d’où sa présence très régulière lors des procès-verbaux) puis professeur en 1724. La même biographie nous apprend que Tavernier peignit le maître-autel du Collège des Bernardins de Paris. Cette œuvre n’est pas davantage localisée que les douze grands tableaux commandés par le cardinal d’Estrées pour l’abbaye de Longpont (actuel département de l’Aisne). L’unique tableau attribué à Tavernier est un retable conservé à l’Église SaintNicolas-du- Chardonnet (Paris). Encore le classement de celui-ci reste-t-il extrêmement fragile, une attribution à Adrien Saquespée ayant été suggérée. Dans ce contexte de désertion totale, notre tableau acquiert une dimension cruciale puisqu’il est le seul qui puisse être donné à François Tavernier en toute certitude. De fait, sa paternité est assurée par la gravure de Tardieu (fig. 2) qui reproduit bon nombre de Mays de Notre-Dame et en l’occurrence ici celui de Tavernier, offert en 1699 (perdu depuis la Révolution). L’absence d’inversion n’a rien pour nous surprendre, les estampes de Tardieu d’après les Mays apparaissant toujours dans le même sens que les compositions reproduites. Le statut de notre tableau est typique de la tradition qui prévalait à l’époque : conformément aux clauses des contrats signés devant notaire, les peintres avaient en effet coutume de livrer à chacun des deux orfèvres une réduction ou une esquisse de la grande composition peinte pour Notre-Dame, et c’est ainsi que de multiples « petits du May » sont conservés en de multiples collections, notamment au Musée Carnavalet. La réapparition de ce tout premier témoignage de Tavernier laisse espérer l’identification d’autres témoignages du même artiste. Nous remercions vivement François Marandet pour l’élaboration de cette notice et la redécouverte de cette importante peinture.
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