FOCUS ON JEAN DE LESPINASSE
Jean de Lespinasse (1896-1979). – Découverte d’une œuvreVENTE ONLINE Fin le 29 Mars à partir de 18 hLa céramique 1950 française est riche en propositions artistiques.
Aux côtés de la céramique d’artiste, aujourd’hui si convoitée, les faïenceries traditionnelles renouvellent leurs propositions artistiques à l’instar de la manufacture Elchinger en Alsace ou des manufactures bretonnes à Quimper. De nombreux artistes empruntent la voie de la faïence, et donc de la reproductibilité de forme, en magnifiant les couvertes, soit par l’émaillage comme Pol Chambost, soit par le décor, comme Jacques Blin ou Marcel Guillot.
Dans le cas de la manufacture de Jean de Lespinasse, établie à Nice dans le quartier de Cimiez, très peu d’archives nous sont parvenues : un feuillet comportant 4 dessins d’oiseaux chimériques, et un livre crayonné.
Les premières pièces recensées datent de 1949, et là encore, sur des formes propres à la manufacture se déploie des décors multiples, dont la variété est repensée lors de l’exécution de chaque pièce.
Parmi ces rares archives parvenues jusqu’à nous, le mythique livre « Les poteries françaises » de François Poncetton et Georges Salles, publié en 1928, qui répertorie nombreuses pièces d’Art Populaire, et irriguera le renouveau de la céramique 1950, notamment Suzanne Ramié à Vallauris ou Émile Tessier à Malicorne.
Sur le livre même, on note des croquis modifiés par Jean de Lespinasse, ce qui démontre la genèse même de certaines formes aux allures renouvelées. Partant de là et grâce à la grande variété de la collection proposée, une bonne identification de l’œuvre de Jean de Lespinasse se dessine.

L’entreprise que Jean de Lespinasse crée avec son épouse Simone Dreyfus (1909-1989) sous le nom de SOCFRA emploiera jusqu’à une dizaine de personnes. Les céramiques produites sont signées JdL accompagné d’un numéro de forme. Au fil du temps, il existera des catalogues commerciaux reprenant les modèles et décors créés, mais nous n’en avons pas de trace disponible à ce jour.
Les pièces seront notamment présentées dans divers salons professionnels tels que la Foire de Lyon et le Salon des Ateliers d’Art à Paris. Pour sa part, leur beau-fils Jean Saguès (1933-1991) secondera les époux Lespinasse essentiellement dans le domaine commercial.
Les forces créatives de l’atelier sont tournées vers des formes audacieuses, agrémentées de décors tantôt émaillés de personnages, tantôt déclinant des frises géométriques scarifiées ou en bas-relief. La contribution de la décoratrice Sylvie Fournier, active de 1956 à 1967 a donné lieu à des œuvres rares présentant des décors raffinés de personnages dans des architectures.


L’entreprise cessera son activité vers 1980 suite au décès de Jean de Lespinasse.
Nous vous présentons une collection assemblée pendant plus de vingt ans constituée d’œuvres retrouvées dans les localisations géographiques les plus vastes et comprenant plus de 400 pièces. Cette première vente-découverte « Focus sur Jean de Lespinasse », permet d’ores et déjà de prendre connaissance de la richesse de ces créations issues d’une faïencerie qui n’a œuvré que pendant une trentaine d’années. Cette vente qui constitue un premier point de repère sur la créativité de la manufacture sera suivie dans quelques semaines d’une seconde vente offrant un panorama encore plus vaste.